Les lames Treet reviennent régulièrement dans les conversations des amateurs de rasage à l’ancienne. Fabriquées au Pakistan depuis plusieurs décennies, elles occupent une place à part dans le paysage des lames double edge (DE) : moins connues que les Astra ou les Feather, mais appréciées pour un tranchant qui rappelle le geste du barbier. Leur gamme couvre l’acier inoxydable comme l’acier carbone, deux philosophies de coupe bien distinctes.
Acier carbone ou acier inoxydable : ce qui change sous la lame Treet
Vous avez déjà remarqué qu’une lame neuve ne coupe pas de la même façon selon son alliage ? Chez Treet, la différence se ressent dès la première passe.
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Les modèles en acier carbone (Treet Carbon Steel, Treet Black Beauty) offrent un tranchant immédiat, presque collant au poil. La sensation est plus directe : la lame mord le poil sans résistance, ce qui se rapproche du contact d’un coupe-chou bien affilé.
En contrepartie, l’acier carbone rouille si la lame reste humide après le rasage. Les utilisateurs expérimentés sur les forums de rasage traditionnel conseillent de retirer la lame du rasoir après chaque utilisation, de la sécher et parfois de l’huiler légèrement.
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Les versions inoxydables (Treet Platinum, Treet Dura Sharp) pardonnent davantage le stockage en salle de bain humide. Leur tranchant est un peu moins vif au premier passage, mais elles tiennent plus longtemps sans se dégrader. Pour un débutant en rasage à l’ancienne, c’est souvent le choix le plus simple à gérer.

Lames Treet face aux Astra et Derby : un positionnement à part
Les comparatifs de lames DE placent les Treet dans une catégorie que la communauté décrit parfois comme « budget premium ». Le prix au lot reste bas, comparable à celui des Astra Superior ou des Derby Extra. La différence se joue sur le ressenti.
- Les Astra Superior Platinum sont considérées comme des lames polyvalentes, douces, avec un tranchant régulier sur quatre à cinq rasages. Elles sont souvent recommandées comme référence d’entrée de gamme.
- Les Derby Extra coupent moins agressivement, ce qui plaît aux peaux sensibles mais frustre les barbes épaisses. Le compromis penche vers le confort au détriment de la précision.
- Les Treet Platinum et Treet Dura Sharp se placent entre les deux : un mordant supérieur aux Derby, une douceur proche des Astra, avec une durée de vie correcte sur trois rasages.
Le choix dépend autant du rasoir que de la densité de barbe. Une lame Treet Carbon Steel dans un rasoir agressif (peigne ouvert, par exemple) donne un rasage très proche du barbier. Dans un rasoir doux, elle compense le manque d’exposition de la lame.
Retrouver la sensation barbier avec un rasoir de sûreté et une lame Treet
Le rasage à l’ancienne ne tient pas uniquement à la lame. Le résultat dépend de la préparation de la peau, du savon utilisé et du geste lui-même. La lame amplifie ou atténue chaque erreur.
Le rôle du savon et du blaireau
Un savon à raser monté au blaireau produit une mousse dense et glissante qui protège la peau du contact direct avec l’acier. La différence avec une mousse en aérosol est nette : le blaireau soulève le poil et le savon lubrifie la coupe, ce qui réduit les irritations. Les savons à base de suif ou de beurre de karité sont les plus cités dans les retours d’expérience.
Le geste : angle et pression
Avec un rasoir de sûreté, l’angle optimal se situe autour de trente degrés entre la lame et la peau. La règle la plus répétée par les amateurs de rasage traditionnel : laisser le poids du rasoir faire le travail, sans appuyer. Appuyer avec une lame Treet Carbon Steel sur une peau mal préparée provoque quasi systématiquement des irritations.
La première passe se fait dans le sens du poil (WTG). Une deuxième passe perpendiculaire (XTG) affine le résultat. La troisième passe à rebrousse-poil (ATG) reste optionnelle et réservée aux peaux qui la tolèrent.

Entretien des lames Treet en acier carbone : éviter la rouille
L’acier carbone impose une contrainte que l’acier inoxydable ignore. Après le rasage, la lame doit être rincée à l’eau claire, séchée avec un tissu doux, puis stockée à l’air libre hors du rasoir. Certains utilisateurs appliquent une goutte d’huile minérale sur chaque face pour créer une barrière contre l’humidité.
Une lame Treet carbone bien entretenue tient deux à trois rasages confortables. Au-delà, le tranchant décline sensiblement : la troisième utilisation demande des mouvements plus courts et davantage de retouches, ce que confirment les retours sur les forums spécialisés comme Rasage-Traditionnel.com.
Pour ceux qui trouvent cette routine contraignante, les Treet Platinum ou Treet Dura Sharp en inoxydable offrent un entretien minimal sans sacrifier la qualité de coupe.
Lames Treet et shavettes de barbier : un usage professionnel courant
Les lames Treet se retrouvent aussi dans les shavettes, ces rasoirs à lame interchangeable utilisés par les barbiers. Les réglementations européennes sur l’hygiène et la gestion des déchets coupants dans les salons favorisent l’usage de lames jetables plutôt que de coupe-choux à lame fixe. Les shavettes avec lames DE type Treet répondent aux exigences de traçabilité et de prévention des infections.
Pour reproduire cette expérience chez soi, une shavette d’entrée de gamme équipée d’une demi-lame Treet Platinum donne un résultat proche du passage chez le barbier. Le geste demande plus de maîtrise qu’avec un rasoir de sûreté, mais la précision sur les contours de barbe est supérieure.
Le rasage à l’ancienne avec des lames Treet ne promet pas un résultat magique dès le premier essai. La courbe d’apprentissage existe, le choix entre carbone et inoxydable oriente l’expérience, et l’entretien du matériel fait partie du rituel. Ce qui distingue cette approche du rasage moderne, c’est le contrôle total sur chaque paramètre : lame, rasoir, savon, pression, angle. C’est précisément ce contrôle qui transforme une corvée en geste maîtrisé.

